Une lumière s’est levée, par Timothy Keller, extrait de son livre «Noël caché»


Chapitre 1 – Une lumière s’est levée

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre de la mort une lumière a brillé. […] Oui, toute chaussure portée dans la bataille et tout habit roulé dans le sang seront livrés aux flammes pour être réduits en cendres. En effet, un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la souveraineté reposera sur son épaule ; on l’appellera merveilleux conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. Étendre la souveraineté, donner une paix sans fin […] voilà ce que fera le zèle de l’Éternel, le maître de l’univers.


Ésaïe 9.1, 4-6

Des illuminations

La mise en place des illuminations est l’un des premiers signes de l’arrivée de Noël. Décorations lumineuses dans les arbres, bougies aux fenêtres, tout est éclairé. Les illuminations de Noël sur l’Avenue des Champs Élysées restent un ravissement pour ceux qui les regardent, même depuis de nombreuses années. Chaque chose semble enveloppée de millions d’étoiles brillantes. Tout cela a du sens, car le 25 décembre suit la nuit la plus longue de l’année dans le monde méditerranéen ainsi qu’en Europe, là où les fêtes de Noël sont apparues. Mais ces lumières ne sont pas seulement des décorations ; elles sont également un symbole.

L’obscurité du monde

Quoi que vous vouliez faire dans un lieu, il y faut de la lumière, sinon vous ne voyez rien et ne pouvez pas vous y repérer. Noël recèle bien des vérités spirituelles, mais il est difficile de les comprendre sans saisir d’abord la toute première : le monde est un lieu obscur, et nous ne pourrons jamais trouver notre chemin et voir la réalité, si Jésus ne nous éclaire. Matthieu cite Ésaïe 9.1 et nous dit : « Le peuple assis dans les ténèbres a vu une grande lumière, et sur ceux qui se trouvaient dans le pays de l’ombre de la mort une lumière s’est levée » (Matthieu 4.16). Jean dit à propos de Jésus que « cette lumière était la vraie lumière qui, en venant dans le monde éclaire tout être humain. Elle était dans le monde et le monde a été fait par elle, pourtant le monde ne l’a pas reconnue » (Jean 1.9-10).

Mais que signifie « obscur » ?

Dans la Bible, l’« obscurité » fait référence à la fois au mal et à l’ignorance. Ce mot signifie premièrement que le monde est rempli du mal et d’atroces souffrances. Voyez ce qui se passait à l’époque de la naissance de Jésus – violence, injustice, abus de pouvoir, des sans-abri, des réfugiés fuyant l’oppression, des familles déchirées, et des douleurs sans fin. Exactement comme aujourd’hui.

L’autre raison pour laquelle notre monde se trouve « dans l’obscurité » est que personne ne sait comment soigner le mal et la souffrance dont il est rempli. « Sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre de la mort une lumière a brillé » est un de ces textes lus à Noël, que l’on retrouve dans le Messie d’Haendel comme l’une des prophéties sur la naissance de Jésus (cf. Ésaïe 9.1). Cependant, c’est la fin d’Ésaïe 8 qui nous explique pourquoi nous avons besoin de la lumière de Dieu. Aux versets 19-20 nous voyons le peuple invoquer les esprits et les spirites au lieu de consulter Dieu. Et le passage se termine ainsi : « Il parcourra le pays, accablé et affamé […] Il regardera vers la terre et il n’y verra que détresse, obscurité et sombres angoisses » (versets 21-22).

Que se passe-t-il là ? Le peuple « regarde vers la terre » et cherche des hommes pour soigner le monde. Il s’en remet à ses experts, ses mystiques, ses savants, pour trouver des solutions. Il dit, oui nous sommes dans l’obscurité, mais nous pouvons la vaincre par nos propres moyens. Ce sont les mêmes affirmations que nous entendons aujourd’hui. Certains s’en remettent à l’État, d’autres au marché, et tous espèrent en la technologie. Ce faisant, ils partent du même postulat. Le monde est dans l’obscurité, mais nous croyons que nous pouvons y mettre fin par notre intelligence et notre créativité.

D’où vient la lumière ?

Il y a quelques années, j’ai lu dans le New York Times une publicité qui disait : « Le message de Noël est que l’amour triomphera, et que nous réussirons à créer un monde d’unité et de paix. » En d’autres termes, la lumière est en nous, et donc c’est nous qui pouvons dissiper l’obscurité de ce monde.

Vraiment ? Václav Havel, le premier président de la République tchèque, a été l’un des grands penseurs et leaders de la fin du vingtième siècle. Son histoire personnelle lui donnait un regard doublement critique sur le communisme et le capitalisme, et il pensait qu’aucun de ces deux régimes ne pouvait, par lui-même, résoudre les problèmes fondamentaux de l’humanité. Il savait que la science, en l’absence de conscience morale, avait mené à l’holocauste. Sa conclusion était que ni la technologie, ni l’État, ni le marché seuls ne peuvent nous épargner un conflit nucléaire, les violences ethniques ou la dégradation de notre environnement. « La recherche d’une vie meilleure ne sauvera pas l’humanité, de même que la démocratie seule n’y suffira pas », affirme Václav Havel. « Il faut se tourner vers Dieu et le rechercher[i]. » Il ajoute que l’humanité oublie constamment qu’« elle n’est pas Dieu[ii] ».

Noël et la réalité

Même si le publicitaire du Times est sincère, le message de Christ n’est pas que « nous réussirons à créer un monde d’unité et de paix ». En fait, il est tout le contraire. Pour reprendre Václav Havel, l’humanité ne peut pas se sauver elle-même. Il affirme qu’en réalité, le fait de croire que nous pouvons nous sauver nous-mêmes – qu’un système politique ou une idéologie peuvent être la solution aux problèmes des hommes, ne fait qu’augmenter l’obscurité. Si, comme le philosophe Bertrand Russell, vous pensez qu’il n’y a pas de Dieu, que la réalité n’a aucune dimension transcendante ou supranaturelle, et que vous vous tournez vers la science pour vous éclairer, alors les choses deviennent encore plus sombres :

Une vision du monde vide de sens

Dans ses grandes lignes, la vision du monde que la science nous offre est telle, et même tellement plus vide de sens encore et tellement dénuée de but […] que l’Homme est le produit de causes sans aucune intention préalable ; que son origine, son développement, ses espoirs et ses peurs, ses amours et ses croyances ne sont que le résultat fortuit de la proximité entre atomes ; qu’aucune flamme, aucun héroïsme, aucune intensité de la pensée ou des sentiments ne peuvent prolonger la vie d’un individu au-delà de la tombe ; que tous ses travaux à travers les siècles, toute sa ferveur, toute son inspiration, toute la brillance éclatante de son génie, sont destinés à disparaître avec l’effondrement du système solaire, et que l’ensemble de l’édifice des réalisations humaines sera enterré sous les décombres d’un univers tombé en ruines […] Ce n’est qu’en prenant appui sur le cadre de ces vérités, sur les fermes fondations du désespoir absolu qu’il est envisageable de construire une demeure pour l’âme[iii].

Quelle noirceur dans cette vision ! Elle confirme ce que nous avons lu dans Ésaïe 8, c’est-à-dire que si l’on regarde seulement vers la terre et les ressources des hommes, l’obscurité ne peut que s’épaissir.

Cependant, il y a lieu d’espérer

Ainsi donc, Noël est la façon la plus réaliste de considérer la vie froidement. Noël ne dit pas : « Gardez le sourire ! En travaillant tous ensemble, nous pouvons rendre le monde meilleur. » La Bible n’invite jamais à ignorer les forces de l’obscurité, mais uniquement à y résister ; cependant, elle n’entretient aucune illusion sur notre capacité à les vaincre par nous-mêmes. Le christianisme n’est pas d’accord avec les penseurs optimistes qui soutiennent que « nous pouvons régler le problème si nous y travaillons sérieusement ». Le christianisme ne soutient pas non plus la vision des pessimistes, qui ne prédisent qu’un futur catastrophique. Le message du christianisme est plutôt que « les choses vont vraiment mal, et nous ne pouvons pas y remédier ou nous sauver nous-mêmes. L’obscurité est grande et cependant, il y a lieu d’espérer ». Le message de Noël est que « sur ceux qui se trouvaient dans le pays de l’ombre de la mort une lumière s’est levée ». Notez bien qu’il ne dit pas qu’une lumière a jailli du monde, mais qu’une lumière s’est levée sur le monde. Elle est venue de l’extérieur. On trouve de la lumière à l’extérieur de ce monde et Jésus l’a apportée pour nous sauver ; car il est la Lumière (Jean 8.12).

Ce que la lumière signifie

Ésaïe utilise la métaphore du soleil lorsqu’il parle de la lumière de Dieu qui se lève sur un monde obscur. La lumière du soleil apporte la vie, la vérité et la beauté.

Le soleil nous donne la vie

Si le soleil disparaissait, nous serions congelés. Le soleil est la source de toute vie. De manière similaire, la Bible affirme que c’est en Dieu seulement que « nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Actes 17.28). Nous n’existons que parce qu’il nous soutient et nous maintient en permanence. Vous lui devez votre être. Cela vaut pour votre corps physique, mais aussi pour votre esprit, votre âme. Selon la Bible, nous avons perdu la relation originelle, pleine et parfaite avec Dieu que nous avions au commencement (Genèse 3.1-24). C’est la raison pour laquelle nous connaîtrons la mort physique, et pour laquelle nous sommes actuellement morts spirituellement – perte de sens et d’espérance, désirs et addictions incontrôlés, profondes attentes qui ne sont jamais satisfaites, hontes et problèmes d’identité, ajoutés à une incapacité à changer tout cela.

Le soleil nous montre la vérité

Lorsque vous conduisez de nuit sans phares, vous prenez le risque d’avoir un accident. Pourquoi cela ? La lumière des phares vous révèle la vraie nature des choses, comment elles sont réellement. Vous aurez toujours besoin de la plus grande visibilité pour conduire une voiture en toute sécurité. De manière similaire, la Bible déclare que Dieu est la source de toute vérité (1 Jean 1.5-6). Dieu est la seule raison pour laquelle vous pouvez connaître les choses, car il vous a donné une intelligence et des capacités cognitives. Nous ne pouvons connaître Dieu s’il ne se révèle pas – ce qu’il fait dans la Bible. Vos capacités de raisonnement ne fonctionnent qu’à travers lui, et ce n’est qu’à travers lui que vous pouvez vraiment comprendre qui il est, et de ce fait qui vous êtes : sa création.

Le soleil est beauté

LLa lumière éblouit et met en joie. Au sens propre. Les habitants des régions dans lesquelles il n’y a que quelques heures d’ensoleillement quotidien à certaines périodes de l’année, ont tendance à souffrir de dépression. Nous avons besoin de lumière pour être joyeux. Comme le note le célèbre texte de Saint Augustin : « notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en vous » (Confessions 1.1.1). Augustin avait la conviction que lorsque vous pouvez avoir l’impression de tirer votre joie d’autre chose, Dieu est en fait la source réelle de cette joie. La chose que vous aimez vient de lui, et vous l’aimez, car elle porte sa marque. Toute joie se trouve en fait en Dieu, et toute autre chose qui peut vous réjouir ne fait qu’en dériver, car ce que vous cherchez réellement, c’est lui – que vous en ayez conscience ou non.

La lumière se lève

Ainsi Dieu seul possède la vie, la vérité et la joie qui nous manquent et que nous ne pouvons produire nous-mêmes. Comment cette lumière divine peut-elle « se lever », ou encore « briller » sur nous, comme le dit Ésaïe 9 ? Les versets 5 et 6, qui sont les plus connus du chapitre, donnent la réponse de manière extrêmement claire. Le texte nous annonce que la lumière est venue, car « en effet, un enfant nous est né ». Cet enfant l’apporte, car il est le « merveilleux conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix ». Il est frappant de constater que les quatre titres donnés à cet enfant sont normalement ceux que l’on donne à Dieu. Il est le Dieu puissant. Il est le Père éternel, c’est-à-dire le Créateur, et pourtant il est né. Rien de tel n’existe dans aucune des autres grandes religions. Il est un être humain. Cependant, il n’est pas un simple avatar du principe divin. Il est Dieu !

C’est bien trop peu de dire que nous « fêtons » tout cela à Noël. Nous sommes éblouis, pleins d’admiration, d’amour et de louange. Dans la suite du livre, nous aborderons les nombreuses implications de la naissance de Dieu dans notre monde. Mentionnons-en deux à ce stade.

Si Jésus-Christ est Dieu…

Pour commencer, si Jésus-Christ est vraiment le Dieu puissant et le Père éternel, vous ne pouvez pas juste aimer ce qu’il fait. Dans la Bible, ceux qui ont réellement vu et entendu Jésus n’ont jamais réagi faiblement ou avec indifférence. Après avoir pris la mesure de ce qu’il disait être, ils en ont été soit effrayés, soit pris de colère contre lui, soit ils se sont mis à genoux devant lui pour l’adorer. Mais personne ne s’est contenté de l’apprécier. Personne n’a dit : « Il est si stimulant. Il me donne envie de vivre une vie meilleure. » Si le bébé né à Noël est le Dieu puissant, alors vous devez le servir en toutes choses. Nous reviendrons sur ce point au chapitre 3.

Si Jésus est le conseiller…

Ensuite, si Jésus est le merveilleux conseiller et le Prince de la paix, vous devriez vouloir le servir. Pourquoi est-il appelé « conseiller » ? Lorsque vous traversez une épreuve difficile, il est bon de pouvoir s’adresser à quelqu’un qui a déjà parcouru le même chemin, qui a expérimenté personnellement ce par quoi vous êtes en train de passer. Si Dieu est vraiment né dans une mangeoire, alors nous avons là quelque chose qu’aucune autre religion ne saurait prétendre avoir. C’est-à-dire un Dieu qui vous comprend vraiment, pour être passé par les mêmes épreuves. Aucune autre religion ne dit que Dieu a souffert, que Dieu a dû faire preuve de courage, qu’il sait ce que c’est que d’être abandonné par ses amis, d’être écrasé par l’injustice, d’être torturé et de mourir. Noël montre qu’il connaît les difficultés que vous traversez. Lorsque vous lui parlez, il comprend.

L’incarnation selon Dorothy Sayers

Il y a des années, l’auteure et romancière anglaise Dorothy Sayers écrivait :

La signification de l’incarnation est que, quelle que soit la raison pour laquelle Dieu a choisi de nous laisser chuter […] souffrir, être la proie du chagrin et de la mort – il a eu malgré tout l’honnêteté et le courage d’être lui-même le remède. […] Il ne peut rien exiger de l’homme qu’il n’ait déjà exigé de lui-même. Il a lui-même subi tout ce qu’un être humain peut subir – des petites contrariétés de la vie familiale en passant par les affres d’un travail exténuant ou du manque d’argent, jusqu’aux douleurs les plus atroces, aux humiliations, aux revers, au désespoir et à la mort. […] Il est né dans la misère et […] a souffert mille morts – pour nous, en considérant cela comme mérité[iv].


Dorothy L. Sayers, “The Greatest Drama Ever Staged”, Creed or Chaos? And Other Essays in Popular Theology (London: Hodder and Stoughton, 1940), p. 6.

Le merveilleux conseiller…

Ésaïe l’appelle merveilleux conseiller pour signifier sa beauté. Et peut-être est-elle un peu plus évidente pour nous maintenant. Il était infiniment élevé, étant le Dieu puissant, et pourtant il est devenu l’un d’entre nous, entravé par la même condition que nous, afin de connaître la même obscurité que nous. Il nous a sauvés en montant sur la croix, volontairement, librement, conduit par son immense amour. Voilà en quoi c’est merveilleux. Lorsque nous trouvons qu’une chose est merveilleuse, y penser sans cesse et ne pas s’en éloigner est une satisfaction en soi – et non plus simplement un devoir. Ainsi, la raison pour laquelle nous devrions lui obéir n’est pas seulement que nous le devons et que nous le voulons, elle tient à ce que, à la lumière de tout ce qu’il est et a fait pour nous, il est merveilleux.

Jésus est la Lumière divine

En résumé, Jésus est la Lumière divine sur le monde parce qu’il apporte une nouvelle vie qui prend la place de notre mort intérieure, parce qu’il nous montre la vérité qui guérit notre cécité spirituelle, et parce qu’il est la beauté qui nous affranchit de nos addictions à l’argent, au sexe et au pouvoir. Merveilleux conseiller, il marche à nos côtés jusqu’à traverser la vallée de l’ombre de la mort (Matthieu 4.16), là où personne d’autre ne peut nous accompagner. Il est notre lumière quand toutes les autres se sont éteintes[v].

La lumière de la grâce

Et donc, comment cette lumière peut-elle devenir la nôtre ? Notez que le texte ne dit pas uniquement : « Un enfant nous est né. » Il dit aussi : « Un fils nous a été donné. » Il peut être le vôtre si vous acceptez de le recevoir comme un cadeau de la grâce.

Le verset 4 l’évoque aussi. Il parle d’une grande bataille tout en disant : « Oui, toute chaussure portée dans la bataille et tout habit roulé dans le sang seront livrés aux flammes pour être réduits en cendres. » Cette image signifie que la victoire complète sur le mal ne s’appuie pas sur notre force. Nous n’aurons pas besoin de chaussures de soldat. Nous n’aurons pas besoin d’armure ou d’épée. Fondez-les. Brulez-les. C’est un autre qui livrera le combat pour vous. Mais qui ?

Un mystérieux sauveur

Ésaïe ne l’indique pas dans ce texte. Il vous faut attendre les « Chants du Serviteur » aux chapitres 42-55 pour voir le prophète évoquer un mystérieux sauveur à venir. De lui, il dit : « Mais lui, il était blessé à cause de nos transgressions, brisé à cause de nos fautes : la punition qui nous donne la paix est tombée sur lui, et c’est par ses blessures que nous sommes guéris » (Ésaïe 53.5). En allant sur la croix, Jésus a payé le prix de notre péché. Si nous mettons notre confiance dans l’œuvre accomplie par Dieu plutôt qu’en nos propres efforts de moralité, Dieu pardonne, nous accueille, et nous donne le Saint-Esprit pour nous renouveler entièrement. Ce grand salut, cette lumière qui brille sur nous, rempli de vie, de vérité et de beauté, est un don. La seule manière de le recevoir est de reconnaître que c’est une grâce que nous ne méritons pas.

Des cadeaux difficiles à accepter

À Noël, on reçoit des cadeaux, mais nous savons que certains sont plus difficiles à recevoir que d’autres. Il y a des cadeaux qui vont vous blesser dans votre orgueil. Imaginez qu’au matin de Noël vous ouvrez le cadeau d’un ami – et c’est un livre sur les régimes amaigrissants. Vous dénouez ensuite un autre ruban, déballez le cadeau et découvrez, offert par un autre ami, un nouveau livre qui s’intitule Vaincre l’égoïsme. Si vous dites « merci beaucoup » à vos amis, vous laissez entendre que « oui, c’est vrai, je suis gros et égocentrique ». Dit autrement, certains cadeaux sont difficiles à accepter parce qu’en le faisant, on reconnaît avoir des défauts et des faiblesses, et qu’on a besoin d’aide. Peut-être un ami a-t-il réalisé un jour que vous aviez des difficultés financières et vous a-t-il proposé une importante somme d’argent pour vous aider à vous en sortir ? Si vous vous êtes déjà trouvé dans cette situation, vous avez probablement ressenti une part d’humiliation à accepter ce don.

Cette blessure à votre orgueil n’est rien en comparaison de celle qui est nécessaire pour accepter le cadeau de Jésus-Christ. Noël montre que nous sommes tellement égarés, tellement incapables de nous sauver nous-mêmes qu’il n’y a que la mort du Fils de Dieu lui-même pour nous sauver. Cela démontre que vous n’êtes pas quelqu’un capable de se reprendre pour mener une vie meilleure et plus morale.

Comment accepter le vrai cadeau de Noël ?

Pour accepter le vrai cadeau de Noël, vous devez reconnaître que vous êtes un pécheur. Vous avez besoin d’une grâce pour vous sauver. Vous devez abandonner les rênes de votre vie. Et c’est plus qu’aucun d’entre nous n’est prêt à faire. Pourtant, la splendeur de Jésus-Christ tient à ce qu’il s’est abaissé pour nous montrer son amour. Votre régénération spirituelle et votre splendeur future s’obtiendront en prenant le même chemin. Il s’est abaissé de la splendeur, et la Bible indique qu’on ne peut se placer dans sa lumière que par la repentance. C.S. Lewis l’explique parfaitement. Au sujet de l’incarnation, il dit :

Le pouvoir de l’humilité

Nous voyons apparaître un nouveau principe fondamental – le pouvoir du Très Haut, qui l’est littéralement, à s’abaisser, le pouvoir du plus grand à inclure le moindre […]. En toutes choses, le grand interpénètre le petit – et sa capacité à le faire est presque la preuve de sa grandeur. Dans le récit chrétien, Dieu […] s’abaisse ; plus bas que ses hauteurs d’être absolu dans le temps et l’espace, au niveau de l’humanité ; plus bas encore si l’on en croit les embryologistes, jusqu’à atteindre dans l’utérus les anciennes formes de vie qui ont précédé l’homme ; aussi profond que les origines et les fondements de la Nature qu’Il a créée. Mais il s’abaisse pour s’élever à nouveau et relever avec lui les ruines du monde […]. On peut imaginer un plongeur, qui se met d’abord nu puis regarde au loin, et le voilà disparu dans une gerbe d’écume, qui progresse à travers les eaux chaudes et les algues vers les couches froides et sombres, sous une pression croissante, pour atteindre les fonds désertiques, couverts de boue et de vases en décomposition ; puis il remonte, vers la couleur et la lumière, les poumons prêts à exploser, et il apparaît à la surface à nouveau, tenant dans sa main le précieux objet, encore humide, qu’il était allé chercher].


C.S. Lewis, Les miracles : étude préliminaire, trad. Jacques Blondel, Paris, S.P.B., 1985, chap. 14, [traduction Clé].

La vérité fondamentale

Quand Jésus mourut sur la croix, il y eut des ténèbres sur tout le pays (Matthieu 27.45). La Lumière du monde descendit dans les profondeurs de l’obscurité pour nous appeler à la merveilleuse lumière de Dieu (1 Pierre 2.9). Vous ne pouvez pas appréhender les promesses de Noël tant que vous ne reconnaissez pas que vous êtes incapable de vous sauver, ni même vous connaître vous-même, hormis si la lumière de sa grâce, obtenue sans l’avoir méritée, éclaire votre vie. C’est là la vérité fondamentale, la base sur laquelle nous pouvons poursuivre notre exploration du sens oublié de Noël.

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La reproduction de cet article est interdite sur tout support. Copyright Tim Keller et Éditions Clé

Notes

[i] Robert Marquand, “Václav Havel: Crisis of Human Spirit Demands Spiritual Reawakening”, Christian Science Monitor, 22 décembre 2011, www.csmonitor.com/layout/set/print/world/europe/2011/1223/vaclav-havel-crisis-of-human-spirit-demands-spiritual-reawakening consulté le 29/08/2017.

[ii] Stanford University News Service, “Czech President Václav Havel’s Visit to Stanford” (communiqué de presse), 4 octobre 1994, web.stanford.edu/dept/news/pr/94/941004Arc4108.html consulté le 29/08/2017.

[iii] Extrait de Bertrand Russell, Mysticism and Logic: And other Essays, London, Longmans, Green, and Company, 1919, p. 47-48. L’intégralité de l’essai peut être téléchargée sur de nombreux sites internet.

[iv] Dorothy L. Sayers, “The Greatest Drama Ever Staged”, Creed or Chaos? And Other Essays in Popular Theology (London: Hodder and Stoughton, 1940), p. 6.

[v] J.R.R Tolkien, « Le retour du roi », Le seigneur des anneaux, Pocket, Collection Pocket Jeunesse, 1993.


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Auteur de l’article : Éditions Clé

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