Différence catholique / protestant : La question de l’autorité (extrait du livre de William Clayton)


Photo de Akira Hojo sur Unsplash

L’autorité en matière de foi et de mœurs

Abordons ce thème de manière simple. Si on demandait à un catholique instruit : « Pourquoi croyez-vous ceci ou cela ? », il répondrait : « Parce que l’Église l’enseigne ». En disant cela, il exprime l’optique catholique selon laquelle l’autorité réside, en dernier ressort, dans l’Église elle-même.

Si l’on posait la même question à un protestant évangélique, il répondrait : « Parce que la Bible le dit ». Voilà, en un mot, la différence entre les deux conceptions. Tout dépend de la source qui fait autorité.

La position catholique

Pour être plus exact, les documents officiels de l’Église Catholique se réfèrent à une double source d’autorité en matière de foi et de vie chrétiennes. Cette position est résumée, par exemple, en Dei Verbum 21 : « L’Église a toujours vénéré les divines Écritures […] Toujours elle eut et elle a pour règle suprême de sa foi les Écritures, conjointement avec la Sainte Tradition ». Cette source de révélation est composée donc de deux éléments : l’Écriture sainte conjointement avec la Tradition de l’Église.

  • L’Écriture Sainte

Les livres de l’Ancien et du Nouveau Testaments ayant été « rédigés sous l’inspiration de l’Esprit Saint, ont Dieu pour auteur » ; les auteurs humains ont mis par écrit « tout ce qui était conforme à son désir, et cela seulement ». « Les livres de l’Écriture enseignent fermement, fidèlement et sans erreur la vérité que Dieu pour notre salut a voulu voir consignée dans les Lettres sacrées » (Dei Verbum 11). Les évangéliques partagent pleinement ces convictions.

  • La Sainte Tradition

À travers les siècles, l’Église a développé sa compréhension de la révélation biblique, et sa transmission s’appelle la Tradition. Par elle, « l’Église perpétue dans sa doctrine, sa vie et son culte et elle transmet à chaque génération, tout ce qu’elle est elle-même, tout ce qu’elle croit » (Dei Verbum 8).

La Tradition Catholique est composée de trois éléments :

  1. Les enseignements des Pères de l’Église, c’est-à-dire certains docteurs chrétiens des premiers siècles ;
  2. Les décrets des Conciles de l’Église à travers son histoire, dont le dernier fut Vatican II ;
  3. L’enseignement du Magistère de l’Église (c’est-à-dire l’autorité enseignante), dont le pape est le porte-parole infaillible. Cela inclut donc les encycliques papales et tout dogme que définirait le pape.

Voici comment Vatican II a formulé sa source d’autorité : « La Sainte Tradition et la Sainte Écriture sont reliées et […] ne forment pour ainsi dire qu’un tout » (Dei Verbum 9). « La Sainte Tradition et la Sainte Écriture constituent un unique dépôt sacré de la parole de Dieu » (Dei Verbum 10). Il en résulte que l’Église « ne tire pas de la seule Écriture Sainte sa certitude sur tous les points de la révélation. C’est pourquoi l’une et l’autre doivent être reçues et vénérées avec un égal sentiment d’amour et de respect » (Dei Verbum 9). En clair, la Tradition est tout autant source d’autorité que l’Écriture.

En ce qui concerne la place du Magistère, l’autorité enseignante officielle de l’Église Catholique, Vatican II (qui fait partie du Magistère, car ses documents formulent la doctrine officielle) s’exprime ainsi : « La charge d’interpréter de façon authentique la parole de Dieu, écrite ou transmise, a été confiée au seul Magistère vivant de l’Église […] Il est donc clair que la Sainte Tradition, la Sainte Écriture et le Magistère de l’Église […] sont tellement reliés et solidaires entre eux, qu’aucune de ses réalités ne subsiste sans les autres ». Le Magistère « puise en cet unique dépôt de la foi tout ce qu’il propose à croire comme étant révélé par Dieu » (Dei Verbum 10).

Voilà pourquoi, en fin de compte, le catholique croit à ce que l’Église lui dit. L’autorité pour ses croyances est l’Église qui, par son Magistère, « propose, sous une forme obligeant le peuple chrétien à une adhésion irrévocable de foi, des vérités contenues dans la Révélation divine » (Catéchisme §88). Le catholique doit croire que le Magistère seul est habilité à donner l’interprétation authentique de la révélation venant donc de cet ensemble que constituent Bible et Tradition.

L’optique des protestants

Les protestants, en revanche, se sont basés, lors de la Réforme, sur le grand principe « Sola Scriptura », c’est-à-dire la Bible comme autorité suprême en matière de foi et de vie chrétiennes. Toute autre prétendue autorité doit être soumise à celle des Écritures, tout enseignement donné dans l’Église doit ressortir comme une évidence de la seule Parole biblique. Les doctrines de tout docteur, père de l’Église, théologien ou pape, doivent être examinées à la lumière de l’Écriture. Les réformateurs suivirent le principe de passer au crible de la Bible toutes les pratiques, les enseignements et les dogmes de l’Église. Seul ce que la Bible enseigne peut être reçu comme étant la vérité issue de la révélation de Dieu.

C’est en suivant ce principe que les protestants ont établi leurs doctrines. Certaines de celles-ci s’accordent, comme nous avons vu, avec l’enseignement biblique de l’Église Catholique. Toutes les doctrines divergentes proviennent du fait que les deux communions puisent leur enseignement de deux sources d’autorité distinctes. (fin de l’extrait du livre).

La reproduction de cet article est interdite sur tout support. Copyright William Clayton et Éditions Clé


Découvrez le livre de William CLAYTON sur notre boutique ou dans votre librairie chrétienne préférée.

Vous aimez l'article ? Partagez-le sur un réseau social. Vous nous aidez ainsi à le faire connaitre ;)

Auteur de l’article : Éditions Clé

Éditions Clé

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *