
Préface
À une époque où, dans le monde occidental, nombre de commentateurs s’interrogent sur les raisons du déclin de nos Églises, il est devenu courant de trouver des livres et des articles qui tentent d’indiquer la voie à suivre. En constatant, d’une part, le nombre croissant de personnes qui, lorsqu’on leur demande à quelle religion elles appartiennent, cochent fièrement la case « aucune » et, d’autre part, le nombre croissant de pasteurs qui se donnent corps et âme à leur ministère pour, quelques années plus tard, finir par l’abandonner dans le plus profond découragement, il n’est guère étonnant que prolifèrent des livres promettant de nous conduire hors de ce désert pour nous faire entrer dans la terre promise de la croissance et de la fertilité spirituelle. Certains auteurs nous invitent à les suivre sur les sommets de l’apologétique culturelle ; d’autres encore veillent à faire la distinction entre ce qui est purement anecdotique et ce qui relève de l’analyse rigoureuse ; d’autres enfin nous proposent tout un éventail de stratégies fondées sur une approche pragmatique de la question. Malgré tout cela, la situation demeure préoccupante. Et pour être honnête, bien que certains de ces livres présentent quelque utilité, la plupart d’entre eux manquent quelque peu de consistance, se montrant tout bonnement incapables de faire face aux immenses défis de notre temps.
Entre en scène Une passion pour la croissance, le nouveau livre d’Andrew Heard. J’hésite d’ordinaire à affirmer qu’un ouvrage est le « meilleur » dans son domaine. Le meilleur en quoi ? Et le meilleur pour qui ? Mais s’il est un livre qui, par bonheur, fait figure d’exception, c’est bien celui-ci. L’étendue du domaine d’étude est remarquable : Heard propose une analyse minutieuse de la portée de ce que signifie ce phénomène de « désengagement ecclésial » dans diverses sous-cultures ; il mène une réflexion théologique nuancée sur des questions théologiques complexes et enrichit son propos grâce à plus d’un quart de siècle d’expérience « sur le terrain », tant dans l’Église dans laquelle il a lui-même servi que dans les nombreuses assemblées où son influence a contribué à redéfinir les priorités des responsables d’Églises et de leurs membres, très souvent avec des résultats impressionnants.
Par souci de fidélité, certaines Églises placent la tradition au premier plan. Il est d’ailleurs facile de comprendre pourquoi l’appel solennel à l’immuabilité revêt une valeur particulière dans une culture où tout change rapidement : la répétition a en soi quelque chose de rassurant ! On ne peut qu’adhérer à la maxime de C.S. Lewis qui disait pouvoir s’accommoder de presque n’importe quel type de liturgie pourvu qu’elle ne change ni trop ni trop souvent. Mais d’un autre côté, dans une Église très traditionnelle, un attachement trop fort à la forme du culte peut s’avérer n’être qu’un marqueur de vertu ecclésiastique. Seulement, si l’un des objectifs de nos réunions publiques consiste à transmettre l’Évangile avec fidélité et clarté, et que nous constatons que les formes traditionnelles nuisent plus à la compréhension de ce message qu’elles ne la favorisent, alors quelque chose doit changer. À l’inverse, un goût irrépressible pour l’innovation peut relever davantage du désir de divertir les croyants que d’annoncer tout le conseil de Dieu. Si une large assistance peut être le signe d’une bénédiction particulière de Dieu sur un ministère précis, elle peut tout aussi bien n’être le fait que d’un divertissement de niveau professionnel, obtenu au prix d’une ignorance biblique et théologique persistante.
Comme Heard le souligne, les divergences dans nos manières d’envisager l’implantation d’Églises peuvent être liées aux convictions théologiques auxquelles nous sommes attachés. Ceux d’entre nous qui viennent d’un milieu plutôt arminien peuvent se sentir poussés à produire des « résultats » et, par conséquent, se laissent aller à ce qui « marche » ou qui du moins semble marcher, même si l’Évangile leur glisse subtilement des mains. Ceux d’entre nous qui sont issus d’un milieu plutôt réformé peuvent, quant à eux, devenir si prompts à se rappeler les uns aux autres que c’est Dieu seul qui sauve et que lui seul connaît ceux qui lui appartiennent, qu’ils risquent de dériver vers une sorte de fatalisme sotériologique, loin du portrait d’un Dieu qui crie : « Détournez-vous, détournez-vous donc […]. Pourquoi devriez-vous mourir […] ? » (Ez 33.11 – Semeur). Comment pouvons-nous à la fois rester résolument attachés, sans la moindre équivoque, à la souveraineté de Dieu telle que l’Écriture nous la décrit, tout en embrassant sans une once d’hésitation la représentation biblique bouleversante d’un Dieu qui ne veut pas qu’un seul périsse ? Si nous parvenons à maintenir ces deux aspects de l’Écriture à leur juste place, nous verrons notre engagement pour l’évangélisation et l’implantation d’Églises se renforcer de manière substantielle et durable.
Ce ne sont là que quelques-unes des tensions dont les Écritures regorgent. Andrew Heard sera un guide fiable pour les questions bibliques, théologiques, évangéliques et pastorales auxquelles est confronté le responsable chrétien qui recherche la croissance, reconnaît un profond besoin de changement et désire fonder l’ensemble de son travail sur une théologie biblique riche et fidèle. Andrew est à la fois connu et apprécié en Australie, son pays d’origine. Nous prions maintenant pour que son influence s’étende de manière exponentielle dans le monde entier.
— D.A. Carson

Découvrez le livre de Andrew Heard sur notre boutique

Recommandations
Une ressource en français qui nous manquait ! Voici un manuel de théologie pratique sur la croissance de l’Église que devraient lire tous les pasteurs, enseignants et étudiants en théologie, ainsi que tous les membres d’Églises. Avec beaucoup de simplicité, l’auteur arrive à maintenir un bel équilibre entre vérités bibliques et implications pratiques pour nos vies et nos ministères. Un livre percutant, sans détour, qui rappelle des vérités essentielles que nous devrions tous garder à l’esprit. Il fera énormément de bien aux Églises en francophonie.
Jérémie Déglon
Pasteur de l’Église Évangélique Baptiste du Mée-sur-Seine et directeur des conférences d’Évangile21
Cet ouvrage hautement important dérange à bon escient et incite les serviteurs de la Parole à assumer leurs responsabilités, quitte à être régulièrement en dehors de leur zone de confort. Fidèle aux Ecritures et théologiquement rigoureux dans la façon de conjuguer providence divine et responsabilité humaine, Heard bat en brèche l’aphorisme « il suffit d’être fidèle ». Plaise à Dieu que l’Évangile « coure et soit glorifié » (2Th 3.1) dans nos milieux durant les décennies à venir… Cela passera-t-il par la mise en pratique des principes de ce livre par bien des pasteurs et implanteurs ?
James Hely Hutchinson,
Directeur de l’Institut Biblique de Bruxelles et auteur de Sacrés désaccords !
Je fais partie de ceux qui sont toujours un peu suspicieux lorsqu’ils ouvrent un livre sur la croissance de l’Eglise, parce que je redoute que le pragmatisme l’emporte sur la vérité. Voilà pourquoi le livre d’Andrew Heard a eu un tel impact sur moi. Très explicite sur les dangers de toute réflexion sur la croissance de l’Eglise, il montre avec clarté et passion que c’est précisément la vérité biblique qui doit nous faire désirer si ardemment la croissance. Parce que Dieu veut largement sauver ceux qui marchent vers la perdition. Et si cela n’arrive pas autant que nous le voudrions, c’est aussi parce que nous résistons aux changements coûteux mais nécessaires pour que nos contemporains puissent entendre l’Évangile, croire et être sauvés. En lisant ce livre, j’espère que vous serez encouragés et interpelés comme je l’ai été par la passion de l’auteur pour la gloire de Dieu et l’avancée de son règne, et par son profond amour pour les perdus.
Thomas Koning
Pasteur à Albi, responsable d’un projet d’implantation d’Église à Toulouse
et professeur de théologie biblique à l’Institut Biblique de Genève
Une passion pour la croissance est un livre à lire par tous les responsables qui souhaitent voir le fruit mûr de l’Évangile bourgeonner dans leurs assemblées et ministères. Andrew Heard n’a pas peur de dénoncer les faux raccourcis et angles morts de notre génération pour nous inciter à vivre avec plus de passion, d’intentionnalité, de consécration et de sagesse – et ainsi à porter le fruit de l’Évangile qui demeure.
Philippe Viguier
Pasteur de l’Église Protestante Évangélique de Villeurbanne-Cusset et co-auteur du Manuel pour la conduite du culte
Quand on m’a recommandé Une passion pour la croissance, je me suis dit : « Encore un livre sur la croissance de l’Église ! » J’ai été agréablement surpris. Ce livre est remarquablement équilibré. Sur ce sujet, beaucoup d’ouvrages sont soit trop enthousiastes, en passant sous silence les dangers, soit au contraire excessivement prudents. D’autres deviennent rapidement trop techniques. Andrew Heard relève ici un défi rare : garder ensemble l’audace, le courage d’avancer et la sagesse du discernement. Il nous encourage à poursuivre la croissance de l’Église tout en restant lucides et dépendants de Dieu. Cette lecture m’a encouragé et motivé à participer, avec d’autres, à la croissance du Royaume de Dieu par la puissance de son Esprit.
Benjamin Short
Pasteur de l’Église du Tabernacle, Paris 18e
Les dirigeants de nos Églises vivent une tension difficile. Nous aspirons à ce que nos contemporains vivent une rencontre décisive avec Jésus et intègrent son Église, et en même temps, nous sommes méfiants envers les structures et organisations. Nous croyons que seul Dieu donne la croissance, et en même temps, nous réalisons que nous devons agir pour former et édifier les disciples. Cette tension entre l’action souveraine de Dieu et notre participation humaine peut nous paralyser. Notre approche piétiste amplifie notre crainte de structurer nos assemblées. Andrew Heard propose une réflexion théologique et pratique pour nous accompagner dans la croissance de nos Églises pour mieux servir l’Évangile. Il donne des principes pour amener un changement qui vise à mieux édifier les croyants et annoncer la Bonne Nouvelle. Cet ouvrage nous aidera à éviter les pièges du leadership mondain ainsi que de l’immobilisme pour assumer avec fidélité notre responsabilité de vivre, servir et organiser nos Églises.
Jérémie Biancheri
Pasteur de l’Église Protestante Évangélique Saône Vallée
Andrew Heard met le doigt sur une réalité dérangeante : la plupart des Églises évangéliques ne forment pas « des disciples mûrs en Christ en nombre toujours croissant ». Il bouscule nos présupposés théologiques simplistes qui étouffent la croissance, en se confrontant sérieusement à « l’interaction complexe entre deux idées apparemment contradictoires : la souveraineté de Dieu et la responsabilité humaine réelle ».
Il propose des principes pour conduire le changement sans imposer de méthode. Son message central traverse tout le livre : « Conduire le changement ne relève pas d’abord de techniques et de compétences, mais d’une conviction profonde – alimentée par un cœur qui bat au rythme de l’Évangile, de l’amour de Dieu pour les perdus et de l’amour de Dieu pour son peuple ».
Les convictions d’Andrew se sont forgées dans la réalité du terrain : la croissance d’une Église évangélique (EV Church) et la formation de pasteurs. Il en résulte un ouvrage stimulant dans lequel Andrew anticipe nos objections et nos difficultés. Chaque pasteur et responsable d’Église doit absolument lire Une passion pour la croissance. Débattez de ces questions avec vos équipes et repentez-vous, pour l’amour des âmes en route vers l’enfer et pour l’honneur de Christ.
Colin Marshall
Co-auteur de L’essentiel dans l’Église : Apprendre de la vigne et de son treillis
Pour certains, tout est une question de « treillis », pour d’autres tout est une question de « vigne ». Fort de son expérience et de ses convictions théologiques, Andrew Heard démontre avec force, dans ce livre profondément personnel, que l’enjeu se situe ailleurs. Il appelle les responsables d’Église à accomplir un travail douloureux mais nécessaire, qui consiste non seulement à réformer nos traditions, nos structures et nos programmes mais aussi à sonder notre cœur, si nous voulons exercer un leadership biblique et fidèle. Il en résulte un appel stimulant à repenser radicalement nos treillis afin de permettre à la vigne de croître.
Tony Payne
Co-auteur de L’essentiel dans l’Église : Apprendre de la vigne et de son treillis
La passion qu’Andrew Heard nourrit pour Christ, pour l’Évangile et pour la croissance de son Église constitue depuis longtemps une grande source d’encouragement pour moi. Il est animé par un vrai feu missionnaire, et je prie pour que la lecture de ce livre contribue à raviver ce feu chez beaucoup de lecteurs. Dans ce livre, j’aime la façon dont Andrew veille à maintenir Christ et l’évangélisation au premier plan, même lorsqu’il traite des priorités et des démarches liées à la croissance de l’Église. Nous désirons que les Églises grandissent grâce au fait que de plus en plus de personnes rencontrent le Sauveur et aspirent à se réunir avec les autres croyants. Nous désirons que les Églises grandissent en équipant les disciples pour qu’ils aillent faire d’autres disciples. Nous désirons que les Églises grandissent pour rendre témoignage à « la sagesse de Dieu dans sa grande diversité » qui sauve les hommes et les femmes aux horizons et milieux très variés, et les unit les uns aux autres. Je suis reconnaissant qu’Andrew ait écrit ce livre en puisant dans le fruit de ses nombreuses années passées au service du Seigneur de l’Évangile, qui est aussi le Seigneur de l’Église. Je sais qu’il voudrait que chaque lecteur examine ce qu’il a écrit à la lumière de la Parole de Dieu, quitte à contester certaines de ses conclusions, son interprétation biblique ou son diagnostic de la situation actuelle ; mais, par-dessus tout, il voudrait que chaque lecteur soit disposé à se laisser conduire vers les changements qui pourraient s’avérer nécessaires pour que notre communauté et le monde entendent le message de Jésus qui donne la vie.
Dr Mark D Thompson
Directeur du Moore Theological College (Sydney)






